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Le 8 et 9 mai 2010, le faubourg en tête de l`art au jardin de la citadelle. Venez découvrir les oeuvres des artistes.

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Ville de Nancy

Dix ans pour oublier les friches

 « Quand je suis arrivé aux Trois Maisons en 1997, raconte Jean-Pierre Laumont, l’actuel président de l’atelier de vie de quartier, l’image traditionnelle du « faubourg » commençait déjà à se modifier. Il attirait de nouvelles populations. Mais Crosne-Vayringe, personne n’y allait... C’était perçu comme un no man’s land ». Depuis, beaucoup de choses se sont passées dans le secteur de l’ancienne friche industrielle.

Crosne-Vayringe ? « Un espace complexe, imbriqué, où tout nouveau projet doit être inséré avec beaucoup d’intelligence », souligne Jérôme Marchand-Arvier, l’adjoint de territoire. Un secteur à l’origine enclavé, note aussi Nadine Stelmaszyk, l’architecte qui, au tournant des années 90/2000, a planché à la demande de la Ville sur un premier plan d’aménagement global. Pendant longtemps, en effet, ce que l’on a retenu du lieu, c’était surtout les friches industrielles de deux entreprises - Chaudronnerie Lorraine et Giraudy - encadrées d’un côté par le canal et sa “levée” (« une frontière », se souvient Jean-Pierre Laumont) et de l’autre par une berge de Meurthe peu praticable. La valorisation du site devait donc reposer sur deux ouvertures aussi physiques que psychologiques. Le long de la rue du Crosne, grâce aux travaux qui ont permis de maîtriser le cours de la Meurthe, la Communauté urbaine a pu aménager progressivement une rive agréable, accueillante, accessible aux pêcheurs comme aux promeneurs. A l’ouest, côté canal, l’emprise d’une ancienne voie ferrée verra la réalisation à l’horizon 2012, également par le Grand Nancy, du second tronçon du boulevard urbain nord-sud (la première, plus au nord, est déjà en chantier) : une voirie destinée à faciliter la desserte interne du quartier tout en soulageant certaines rues du trafic de transit qui les emprunte actuellement.

Reconquête

Mais si André Rossinot prend volontiers le secteur comme un exemple marquant de « reconquête de la ville sur ellemême », c’est parce qu’entre les deux, les “friches” cèdent la place à des programmes d’aménagement originaux. Dans la foulée des premières études, des perspectives se dessinent en effet au début de la nouvelle décennie. La situation privilégiée des terrains en front de Meurthe retient l’attention d’Orpéa, une société spécialisée dans les maisons de retraite pour personnes âgées dépendantes. La Ville les lui vend et en 2008, un établissement de 126 lits, dont 30 bénéficiant de l’aide sociale par transfert de “Notre Maison”, est inauguré. Juste à côté, c’est la société mutualiste Orphéopolis qui construit un centre d’accueil pour les orphelins de la Police et des métiers à risque. Des équipements aux vocations sociales bien marquées donc et qui bénéficient ici d’un cadre de choix tout en jouant la carte de l’insertion discrète dans l’environnement : « ainsi les bâtiments sont assez bas, de façon à respecter les volumes de l’habitat situé à proximité immédiate, constitué de petites maisons de ville », explique Nadine Stelmaszyk, qui a oeuvré à leur conception.

Dépollution

Pour être menés à bien, les deux programmes ont dû également être précédés d’importantes opérations de dépollution, car les activités industrielles avaient laissé des traces dans les sols. Une démarche indispensable dans laquelle s’est impliquée la Ville en tant que propriétaire initial des lieux et dont la phase ultime aura lieu au printemps prochain. Un dernier lot à construire, d’environ 11 000 m2, va en effet accueillir ensuite un projet d’une soixantaine de logements en accession privée et sociale à la propriété, dont une bonne moitié familiaux. « Hauteur, gabarit, implantation par rapport aux voies de circulation... le parti d’aménagement est cohérent avec ce qui a été défini en concertation avec les habitants du quartier », confirme Anna Bottoni, responsable du dossier au service d’urbanisme de la Ville. Une chargée de mission qui ne cache d’ailleurs pas son plaisir de travailler sur ce secteur Crosne-Vayringe, « un site intéressant, à dimension humaine, où l’on peut “tricoter” des réalisations de proximité de qualité ».

Avec les riverains

Exemple du soin apporté au « confort de vie » : la création dans le prolongement de la rue des Feyen, jusqu’à présent en impasse, d’un nouveau passage se faufilant entre maison de retraite et futur lotissement. « Dès les études des années 2000, il était question d’en faire une voie dédiée aux piétons et aux cyclistes. Nous avons repris l’idée, qui correspondait effectivement aux besoins du secteur et aux voeux de ses résidents actuels, et nous l’avons affinée avec les riverains au fil d’une série de réunions d’information », raconte Jérôme Marchand-Arvier, qui a animé la démarche. On peut même imaginer que cette voirie « douce » permettra aux personnes à mobilité réduite de la maison de retraite de faire quelques pas au dehors en toute sécurité. Pendant quelque temps, l’îlot Crosne-Vayringe va donc encore vivre au rythme de travaux. Mais l’essentiel, pour André Rossinot, y est d’ores et déjà assuré : « en dix ans, nous sommes passés d’un endroit en déshérence à un site qui accueille des établissements sociaux de qualité, du logement pour les familles. A quelques minutes du centre-ville, c’est une belle reconversion... ». Et c’est aussi l’illustration pleine et entière d’un principe de base du développement durable : réutiliser de façon efficace des terrains déjà urbanisés plutôt que de consommer sans cesse de nouveaux espaces naturels en bordure d’agglomération.

 Source : Nancy Mag décembre 2009- janvier 2010